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La norme CE pour les créations pour enfants

Tu fais de la création pour enfants ? Qu’ils aient plus ou moins de 3 ans ?

Des vêtements, des bijoux, des doudous, des articles de puériculture, des mobiles, des attache-tétines, du linge de lit, etc. ?

Sais-tu qu’il t’est INTERDIT de vendre tes créations en Europe (et donc en France) sans avoir la norme CE (Conformité Européenne) pour chaque article que tu crées ?

Non ?

Tu sais ce qu’est la norme CE pour les créations pour enfants ?

Non ?

Alors, ça craint du boudin ! Tu risques gros, très gros ! Et en plus, c’est plein de subtilités (comme tout dans l’administration) !

Allez viens ici, j’ai creusé le sujet de la norme CE pour que tu aies toutes les infos qui te concernent. Ça m’a valu une sacrée entorse du cerveau, donc prépare tes neurones…. C’est parti !

 

création pour enfant réglementation européenne

Source : Alexas_fotos sur pixabay.com

 

 

Je ne suis ni avocate, ni juriste et les éléments contenus dans cet article sont strictement informatifs, ils ne se substituent pas à la réglementation en vigueur. Je ne pourrais pas être tenue responsable de l’utilisation de ces informations si elles s’avèrent inappropriées à ton cas. 

 

Pour que tes créations pour enfants soient légales et autorisées à la vente, elles doivent être étiquetées CE (Conformité Européenne) avec le nom et l’adresse de ton atelier pour pouvoir être contactée en cas de contrôle.

Créer cette étiquette est assez simple : tu cherches le logo CE sur Internet, et tu imprimes tes étiquettes ou tu les fais imprimer.

Mais cette étiquette ne s’appose pas comme ça.

Pour pouvoir l’apposer, tes créations doivent répondre à des normes de sécurité très précises. Si tu couds ou marques tes créations de cette norme sans appliquer les obligations qui en découlent, tu risques une amende et même des peines de prison !

 

 

Les normes européennes pour tes créations

 

Attaches sucettes

Norme NF EN 12586+A1 (mars 2011) : Articles de puériculture – Attache sucette – Exigences de sécurité et méthodes d’essai

Les cordons des attache tétines ne doivent pas dépasser les 220 mm.Cependant si ton attache-tétine est en forme de boucle une restriction supplémentaire fixe la longueur maximum à 110 mm.

Par contre, sur un jouet à traîner, si au bout de la corde, il n y pas d’attache (ex : boucle, anneau ou nœud) il n’y a pas de longueur imposée.

 

Cordons de vêtements pour enfants

Norme NF EN 14682 : cordons et cordons coulissants sur les vêtements d’enfants.

Le but de cette norme est de minimiser les risques de coincements accidentels des cordons et cordons coulissants des vêtements d’enfants.

Une version corrigée, NF EN 14682 : Février 2015 a été publiée en France. La norme a été revue pour prendre en compte les différents risques pour le devant et dos du vêtement. Les exigences de la taille ont aussi été modifiées.

La norme contient des informations supplémentaires, plus de définitions, et plus de graphiques pour une meilleure explication et compréhension des exigences. C’est dispo ici, c’est payant et ça fait mal aux fesses : CLIC !

 

réglementation européenne doudou pour bébé

Source : pixabay.com

 

Les colliers et autres bijoux

Sur ce blog, je t’ai déjà parlé de la réglementation des bijoux qui ressemblent à des denrées alimentaires et de la taille minimum qu’ils doivent faire (ici : CLIC).  On y avait vaguement évoqué la réglementation des bijoux et jouets pour enfants.

Pour les colliers et autres bijoux pour enfants, c’est la norme NF EN 71-1 : 2011+A3 – propriétés mécaniques et physiques, qu’il faut respecter.

Cette norme impose des tests de résistance pour éviter toute casse ou déformation des bijoux. Ces tests servent :

  • à prévenir le risque de strangulation : le fermoir doit céder à 25 N quelle que soit la longueur du collier ;
  • à prévenir le risque de suffocation après ouverture du fermoir : le fil doit résister à un test de traction de 90 N sans libérer de petits éléments ;
  • en cas de fermoir aimanté, il faut en plus vérifier que le flux d’induction magnétique n’est pas trop élevé par rapport à la norme jouet.

 

 

Le cas des doudous et autres jouets pour enfants

 

Pour pouvoir apposer une étiquette (ou le logo) CE sur les jouets et doudous que tu crées, il faut aussi respecter des normes. Et là, c’est encore plus costaud que pour les vêtements et les bijoux !

Ces normes sont regroupées sous la directive européenne n° 2009/48/CE sur la sécurité des jouets.  Je t’ai trouvé le PDF de cette directive en français. Il la décrit très exactement et répondra à toutes tes questions. Tu peux le télécharger ici : CLIC !

Une directive c’est quoi ? C’est un outil juridique qui lisse les lois nationales de chaque pays de l’Union européenne pour qu’elles s’harmonisent avec les règlements de l’UE sur un domaine précis. Dans notre cas, il s’agit des jouets pour enfants.

Cette directive est divisée en normes européennes qui sont régulièrement mises à jour et que tu dois impérativement respecter. Que tu vendes ou que tu offres tes créations ! Ces normes européennes de sécurité pour les jouets sont très détaillées à partir de la page 89 dans PDF sur la directive européenne n° 2009/48/CE que je t’ai mis en téléchargement quelque ligne plus haut. Cette liste des normes peut-être très utile, je t’explique plus loin pourquoi.

Selon les textes européens donc, on entend par jouet “tout produit conçu ou manifestement destiné à être utilisé à des fins de jeux par des enfants d’un âge inférieur à 14 ans”. Tu as un document très complet de la commission européenne qui liste ce qui est considéré comme des jouets pour enfants ou non. Je te l’ai trouvé, il est en anglais mais assez compréhensible car accompagné de photo. Tu peux le télécharger ici. Je t’invite fortement à le lire car tu peux avoir des surprises ! On y apprend notamment que des coussins en forme d’animaux sont classés comme jouets par les autorités (page 19 du PDF, exemple 10 et 11)  et doivent donc répondre à la directive 2009/48/CE.

 

Petit aparté :  j’ai lu sur le blog histoiresdejouer.blogspot.lu un billet écrit par une créatrice de tapis d’éveil en tissu qui s’est informée à la SQUALPI (ndlr : qui assure via l’AFNOR l’application des normes, plus d’infos ici : CLIC). Elle a appris que les tapis d’éveil sans accessoire de jeu fixé au tapis en tissu (grelot, miroir, tissu bruissant, pouet-pouet) ne sont pas considérés comme des jouets mais comme des produits textiles. Il n’y a donc pas besoin de marquage CE.  Ce produit est soumis aux exigences des produits textiles.

J’y ai aussi lu que si tu crées des articles de déco pour les enfants comme des porte-manteaux avec le prénom de l’enfant, des plaques de portes ou des toises, ces articles sont aussi considérés comme des jouets. Mais je n’ai pas trouvé plus d’infos, donc si c’est ton cas renseigne-toi auprès de la DGCCRF de ta région.

 

 

 

Les normes

Concernant les créations de doudous et autres jouets pour enfants, il y en a surtout 3 qui te concernent :

  • Les propriétés physiques et mécaniques – Norme NF EN71. 1

Cette norme impose des tests de solidité. Le laboratoire teste ta création pour être sûr qu’elle ne peut pas blesser l’enfant ou provoquer un accident. Depuis la dernière mise à jour, elle implique de refaire les essais après un lavage pour les jouets textiles (-36 mois) et des essais sur les coutures pour tous les jouets souples (même sans petites parties).

C’est pour cette norme qu’intervient la recommandation « ne convient pas à un enfant de moins de 36 mois » pour les jouets qui sont destinés aux enfants plus âgés. D’ailleurs, on ne peut pas marquer “ne convient pas à un enfant de moins de 36 mois” sur une peluche ou un doudou qui serait manifestement destiné à des bébés. Cela ne dégage pas le vendeur de toute responsabilité.

 

  • Inflammabilité – Norme NF EN71.2

Cette norme nous dit “les jouets ne doivent pas constituer un élément inflammable dangereux dans l’environnement de l’enfant”.

Ce test est simple à faire, il suffit de soumettre ta création au feu ! Si elle brûle, elle n’est pas conforme.

La plupart des tissus, comme les cotons, sont ininflammables. Il te suffit simplement de bannir, parmi les textiles synthétiques, ceux qui feraient de grandes flammes à l’approche d’un briquet. Cette norme, en ce qui concerne les jouets, vise surtout les peluches synthétiques, et bien sûr les jouets électriques.

Attention aussi aux déguisements, ce ne sont pas des jouets mais il faut bien préciser de “ne pas approcher d’une flamme”.

 

  • Les propriétés chimiques – Norme NF EN71.3

Cette norme vise à s’assurer que ta création ne contient aucun produit chimique dangereux pour l’enfant. Ce produit chimique peut être présent sur les pièces en plastique, en métal et sur les tissus (les colorants par exemple). Les tests de cette norme sont les plus difficiles et les plus coûteux.

 

 

Les contrôles

Pour s’assurer que tu respectes bien toutes les normes que l’on vient de voir, tu dois faire des évaluations de conformité en laboratoire ou…. par toi-même !

Mais attention! Si tu fais tes propres contrôles et qu’après un petit coucou de la DGCCRF il s’avère que tes créations ne sont pas conformes, tu paieras une sacrée amende !

Petit aparté :  une Pie qui fait de la création pour enfants m’a raconté qu’une créatrice s’était exilée au Canada pour pouvoir échapper aux normes européennes et fabriquer ses créations. Ce qu’il faut savoir, c’est que pour exporter, donc vendre ses créations en Europe, cette créatrice doit quand même avoir la norme CE. Sans cette norme, elle ne peut vendre qu’au Canada et pays hors UE.

 

 

Source : Hubert Traguet Photographe dans un excellent reportage photographique sur les contrôles des jouets, que je t’invite à découvrir ici : CLIC !

 

Autocontrôle

Tu peux appliquer une procédure d’autocontrôle si tu es sûre et certaine que ta création est conforme aux 3 normes citées ci-dessus. C’est précisé dans le paragraphe “3.4. Article 13 Présomption de conformité” (page 45) du PDF sur la directive européenne n° 2009/48/CE (le PDF en français).

Cela est possible surtout si, pour fabriquer ta création, tu as utilisé uniquement des composants qui sont eux-mêmes conformes aux normes de sécurité. Mais il faut que tes fournisseurs te donnent tous les documents en leur possession justifiant leur conformité aux normes européennes. Par exemple, le label Oeko-tex pour les tissus est pour l’instant insuffisant pour justifier une conformité.

Comme je te l’écrivais plus haut, les normes européennes de sécurité pour les jouets sont très détaillées à partir de la page 89 du PDF sur la directive européenne n° 2009/48/CE. Ça te permettra de savoir en quoi tes produits doivent être conformes et de faire des tests en conséquence.

Sinon sur le site de l’AFNOR tu as un PDF en vente pour chaque norme, qui spécifie les exigences et les méthodes d’essai (CLIC).

Mais, ils ne sont pas donnés…  Tu en as pour presque 175€ rien que pour la Norme NF EN71. 1 pour les propriétés mécaniques et physiques des jouets. Mais c’est un document qui revient moins cher que des tests en labo et qui te permettra d’avoir une procédure de tests fiables à faire dans ton atelier.

Le plus difficile est bien sûr de tester les risques “chimiques”. Tes fournisseurs doivent te dire si tes textiles ou autres matières premières sont conformes aux normes EN71.3. Demande-leur un certificat et toute preuve susceptible de te servir.

Donc, une fois que :

  • tu as testé la solidité de ta création,
  • tu as mis le feu à tes doudous pour t’assurer qu’il ne sont pas inflammables,
  • tu as comparé l’analyse des composants de teinture de tes textiles avec la grille des composants EN71-3 (si tu n’as pas eu de confirmation de ton fournisseur),

tu peux apposer le logo CE avec tes coordonnées sur ta création.

 

Beaucoup d’artisans de jouets pour enfants fonctionnent apparemment comme ça. Dans les commentaires sur le blog www.histoiresdejouer.blogspot.lu, j’ai lu un post d’un artisan qui fait des jouets en bois depuis plus de 10 ans. Il respecte les normes jouet 71.1 – 71.2 – 71.3. et n’est jamais passé par un labo. Il ne s’adresse pas aux enfants de – de 36 mois non plus, ce qui doit faciliter les choses. Pour la peinture et le vernis, il se procure des produits qui respectent la norme 71.3 ou des produits alimentaires, ce qui règle le problème des métaux lourds et autres substances nocives. Il fait au mieux mais il sait très bien que le jour où il sera contrôlé, les services de la répression des fraudes et de la DIRECCTE prendront des échantillons pour faire des contre-tests en labo. Et si ça ne passe pas, il devra payer une grosse amende mais en attendant il aura pu bosser quelques années. C’est triste…

Pour chaque création que tu testes, rédige un dossier ultra complet où tu décris :

  • tes procédure de fabrication,
  • tes fournisseurs (et les attestations qu’ils ont pu te fournir)
  • tes tests avec photos à l’appui
  • et tout ce qui peut être ajouté et qui concerne la norme CE.

Garde ces dossiers dans ton atelier pour les présenter en cas de contrôle. Je serais même d’avis que tu les prennes avec toi sur les expos en cas de contrôle.

Mon conseil serait : appelle la DGCCRF et la DIRRECTE de ta région pour avoir bien toutes les infos concernant l’application de l’autocontrôle et être sûre que tu sois en règle. On n’est JAMAIS trop prudent !

 

Source : Hubert Traguet Photographe dans un excellent reportage photographique sur les contrôles des jouets, que je t’invite à découvrir ici : CLIC !

 

Contrôle par un tiers

Tu peux faire faire les contrôles en laboratoire. Si tel est ton choix, tu dois faire faire la procédure dite « d’examen CE de type » (module B de l’annexe II de la décision 768/2008/CE)et la procédure de « conformité au type sur la base du contrôle interne de la fabrication » (module C de l’annexe II de la décision 768/2008/CE). Elles peuvent être obligatoires et exigées dans les cas suivants :

  • lorsque des normes harmonisées couvrant toutes les exigences de sécurité requises pour le jouet n’existent pas (c’est à dire si tes matières premières ne sont pas aux normes CE),
  • lorsque le fabricant n’a pas appliqué ou a appliqué seulement en partie les normes harmonisées (donc si dans ton processus de création tu ne respectes pas les normes),
  • lorsqu’une ou plusieurs normes harmonisées ont été publiées assorties d’une restriction (c’est à dire qu’il est précisé que tu es obligée de faire tes test en labo, donc par un tiers),
  • lorsque le fabricant estime que la nature, la conception, la construction ou la destination du jouet nécessite une vérification par un tiers.

Dans ces cas, tu dois soumettre à un organisme notifié (donc un labo certifié par l’Etat, je te fais une liste plus bas) un exemplaire du jouet pour l’examen CE de type. Le labo examine la conception technique du joue (en général le prototype final d’une future série que tu vas créer, car faire de la pièce unique est inconcevable dans ce cas). Il vérifie et atteste qu’il est conforme aux exigences de sécurité en te donnant une attestation d’examen CE de type. Puis, lorsque tu crées d’autres modèles en série à partir de celui que tu as fait tester, tu dois t’assurer que les jouets sont conformes au « type » (modèle) décrit dans l’attestation d’examen CE de type que tu as reçu. Tu dois alors mettre en place une procédure de contrôle de fabrication que tu fais toi-même.

 

Les organismes notifiés (laboratoires certifiés quoi)

Les organismes notifiés au niveau français sont listés dans l’avis du 23 janvier 2013, voici la liste :

  • Albhades Provence, ZA Les Roubines, BP 51, 04700 Oraison, www.albadhes.com ;
  • Bureau Veritas Consumer Products Services (CPS) France, rue John-Hadley, BP 20431, 59658 Villeneuve-d’Ascq Cedex, www.bureauveritas.fr/cps ;
  • Centre de recherche, d’innovation et de transfert de technologie, sport et loisirs (CRITT SL), ZA du Sanital, 21, rue Albert-Einstein, 86100 Châtellerault, www.critt-sl.com ;
  • Intertek France, Ecoparc 2, 27400 Heudebouville, www.intertek-france.com/jouets/ ;
  • Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE), 1, rue Gaston-Boissier, 75724 Paris Cedex 15, www.lne.fr ;
  • Laboratoires Pourquery, 2, espace Henri-Vallée, 69354 Lyon Cedex 07, www.pourquery.fr ;
  • Services et métrologie textile (SMT), rue de la Plaine, 77310 Saint-Fargeau, www.smt-lab.com ;
  • SGS CTS, 215, rue Paul-Langevin, parc d’activités d’Aix-les-Milles, 13856 Aix-en-Provence Cedex, www.fr.sgsgroup.fr.

 

Si tu veux faire tester tes créations dans un labo, contacte-les d’abord tous. Tu leur demandes s’il est possible de procéder à un test groupé (pour économiser) ainsi qu’un devis avec ET sans les normes EN71 1 et 2 que tu peux plus facilement faire toi-même.  Si ça fait peu de différence (c’est le EN713 qui coûte cher), fais tout en labo.

Sur le blog histoiresdejouer.blogspot.lu, une créatrice a partagé ces infos concernant les tarifs du laboratoire Pourquery, dont elle dit “ils étaient très gentils”. Ces données ont quelques années, mais ça peut te donner une idées des tarifs pratiqués :

Laboratoires Pourquery

EN71/1 Essais physiques et mécaniques : 67.84 €HT
EN71/2 Essais d’inflammabilité : 31.80 €HT
EN71/3 Migration des métaux lourds : 34.98 €HT par couleur et/ou matériaux

 

Si présence de textile :

  • composition sans polyester (EN 14362-1) ou 100% polyester (EN 14362-2) : 61.48 €HT
  • par prélèvement ou composition mélange avec polyester (EN 14362-1 et 2) 122.96 €HT par prélèvement

Si présence de peinture/plastique : détermination du cadmium total, le prélèvement 55.12 €HT (par couleur et/ou matière)
Si présence de plastique : le prélèvement 116.60 €HT (par matière)
Si présence de bois : le prélèvement 159.00 €HT

 

réglementation européenne création pour bébé et enfant

Source : site de l’UE

 

 

Attention au vocabulaire administratif !

Alors attention, cet article m’a valu quelques entorses au cerveau comme je te le disais en intro, notamment à cause du vocabulaire administratif qui comme d’hab diffère du nôtre. Ce que nous, humbles mortels, appelons “article de puériculture” n’a pas exactement la même signification que pour la législation européenne.

Les articles de puériculture sont ceux “destinés à assurer ou à faciliter l’assise, la toilette, le couchage, le transport, le déplacement et la protection physique des enfants de moins de 4 ans.” Source : site de la DGCCRF (la répression des fraudes pour faire court). Tout ça est régi par le décret « puériculture » qui concerne donc entre autres :

  • les sièges fixés sur un support tel qu’une table, les transats, y compris les transats pouvant recevoir une fonction de siège automobile, les chaises hautes ;
  • les baignoires, les tables à langer ;
  • les berceaux, les lits fixes et pliants, et les parcs ;
  • les porte-enfants et écharpes de portage, les couffins, les landaus et poussettes transformables, pour un ou plusieurs enfants, les sièges additionnels pour poussettes, les trotteurs, les sièges de bicyclette ;
  • les sièges, anneaux et transats de bain, et les thermomètres de bain;
  • les barrières de sécurité, les harnais et ceintures.

Tous les autres produits qui ne sont pas compris dans ce décret “puériculture” ont des normes spécifiques comme vu plus haut. Donc il ne te concerne pas, mais je tenais à t’en parler au cas où tu tombes dessus un jour et tu te demandes ce que c’est. Si tu veux en savoir plus, tu as le lien vers un listing détaillé de la DGCCRF ici : CLIC !

 

 

Conclusion

PFIOU… Voilà, je t’ai écrit ici toutes les informations que j’ai eues à ma disposition. Tu la sens l’entorse du cerveau ?

Alors surtout, si tu as des questions ou besoin de précisions, contacte la DGCCRF et la DIRRECTE de ta région pour avoir des informations complémentaires. Ne reste pas dans le flou, sinon tu prends des risques inutiles.

Finalement, dans tout ça, le plus compliqué reste le rapport à l’administration, comme d’habitude.

Je me souviens avoir vu à la TV, en 2014, l’histoire du “Gépéto” de Gigean. Dominique Amey  était le dernier artisan de sa région à fabriquer des jouets en bois. Il se battait contre la DGCCRF et la DIRRECTE. Ces administrations disaient que ses créations n’étaient pas conformes et que l’artisan devait faire des tests en labo. Ce que l’artisan refusait car chaque pièce, même créée en série, présentait des différences et était donc une pièce unique. Ce qui voulait dire, une série de test pour chaque jouet ! Il expliquait la rigidité de l’administration et la froideur de celle-ci face à son entreprise qui existait depuis 27 ans. 27 ans qu’il vendait donc ses créations sans n’avoir jamais eu aucun problème lié à la sécurité de ses jouets. L’administration n’a rien voulu savoir, il a dû fermer.

Ça m’avait beaucoup attristée.

Une vie détruite.

Et au nom de quoi ?

Certes, la sécurité de nos enfants est très importante, je suis moi-même très vigilante. Ces règles de sécurité sont là pour nous protéger, en cela, c’est très bien !  Mais l’administration ne fait jamais la différence entre ce qui est applicable aux grosses entreprises et aux petits artisans.

Elle tue l’artisanat d’art.

Alors oui, je me doute bien qu’en lisant tout ça tu dois être découragée.

Mais ne baisse pas les bras !

Il faut se défendre avec les moyens qu’on a et profiter des solutions comme l’autocontrôle !

Tu as déjà eu le courage de te lancer dans ton projet créatif, ce serait dommage de ne pas continuer !

Sources et références :

http://www.entreprises.gouv.fr/

https://www.legifrance.gouv.fr

https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/

http://www.securiteconso.org

http://www.fjp.fr

www.histoiresdejouer.blogspot.lu

29 bavardages
  • Mathilde
    19 juin 2017 at 12 h 49 min
    Pfiouh comme tu dis. C’est très décourageant en effet mais hyper instructif pour moi qui créé des hochets de dentition et compagnie. Merci pour ce boulot qui a approfondi mes propres recherches, ça me sera très utile.
  • Olivia
    19 juin 2017 at 12 h 50 min
    Merci beaucoup pour cet article !
    Complet et détaillé mais surtout accessible .
    Je souhaite monter mon projet et faire des déco de chambre bébé mais lorsque j’ai pris contact avec la chambre de commerce, ça m’a un peu découragée…
    Je vais continuer à me documenter car du coup je vais devoir respecter la norme textile. Pas évident tout ça, et effectivement si on fait des pièces uniques on ne va pas pouvoir faire des tests pour chaque produit… Dur d’être artisan créateur de nos jours…
    Bonne journée !
  • Marianne
    19 juin 2017 at 14 h 07 min
    Merci beaucoup pour cet article !
    J’avais posé la question lors du SPI (stage obligatoire animé par la CMA) et ils n’avaient pas su me dire quoique ce soit à ce sujet, je n’arrivais pas à trouver de textes concrets et complets… Donc merci pour tout ce résumé !
  • Geneviève
    19 juin 2017 at 14 h 17 min
    Grand merci 🙂 je ne vends rien, mais je fais volontiers des cadeaux. Et ces textes donnent d’excellentes indications de précautions à prendre…
  • Mélanie JUNG
    19 juin 2017 at 15 h 55 min
    : la chambre des commerces ? Bizarre, ils auraient du te rediriger vers la chambre de métiers normalement.
    Je ‘nai rien trouvé sur les normes textile de mon côté, mais à vrai dire, je n’ai pas bcp creusé non plus ^^’
  • Mélanie JUNG
    19 juin 2017 at 15 h 55 min
    : nan mais le jour où ce stage servira aux artisans d’art et artisan créateurs hein…. Pff c’est lamentable ! Ils vous font cracher 300€ quasiment pour des clopinettes !
  • berlioz christiane
    19 juin 2017 at 18 h 21 min
    merci pour cet article super , je crois que je ne ferai plus rien pour les enfants c’était déja occasionnel , mais là ça fait réfléchir
  • PAIN Monique
    19 juin 2017 at 23 h 27 min
    Bonsoir *Merci pour tous ces renseignements , mais pour les créations de vêtements ,
    quel sont les risques et comment tester
  • Mademoiselle M
    20 juin 2017 at 8 h 33 min
    Merci pour cette mine d’informations ! Je ne savais pas qu’il y avait des normes aussi pointues même pour les cadeaux. Moi qui espérais peut-être vendre quelques petites créas un jour, c’est décourageant… il faudra que je me plonge correctement là dedans un de ces quatre. Beau travail de synthèse en tout cas encore bravo !! Bonne journée 🙂
  • Mélanie JUNG
    20 juin 2017 at 11 h 23 min
    pour les vêtements apparemment il y a la norme sur les cordons cité au début, je ‘nai rien vu d’autres. Peut-etre faut-il faire attention aux residus chimiques des tissus aussi, mais j’ne doute vu ce que vends H&M et Cie. Comme je le dis dans l’article, il vaut mieux téléphoner à l’administration pour être sûr.
  • Pashtel
    21 juin 2017 at 14 h 53 min
    Merci pour cet article.
    J’avais commencé à approfondir le sujet il y a un an déjà pour mes créa et j’ai un peu baissé les bras face à beaucoup de questions qui pour une bonne parti sont restées sans réponses (surtout sur la parti de “l’auto contrôle”, quel “forme ” doit avoir le dossier, les différents doc qui le compose, etc)
    Effectivement cela vaut 2 ou 3 entorses au cerveau :s comme tu le dit.
    Cet article me permet de m’y replonger un peu 🙂 merci
    Mais il vrai que c’est un peu en “contradiction ” avec le métier de créateur… et compréhensible à la fois pour la sécurité des petits bouts !
  • maillot angélique
    25 juin 2017 at 19 h 46 min
    hummm et quand on fait des colliers enfants à partir de 3ans sans fermoirs !?
  • Mélanie JUNG
    26 juin 2017 at 11 h 46 min
    : il faut que tu demande à la DGCCRF OU la DIRRECTE de ta region pour être sûr.
  • Gaelle
    26 juin 2017 at 19 h 33 min
    220 mm c’est attache et fermoirs compris pour les attaches-tetines?
  • Mélanie JUNG
    27 juin 2017 at 0 h 30 min
    : je ne pense pas, ils ne parlent que du cordon
  • Gaelle
    27 juin 2017 at 0 h 34 min
    Merci Mélanie!
    Je croise les doigts on verra 2 attache-sucettes sont partis aujourd’hui chez Pourquery… he stressed du coup
  • Mélanie JUNG
    27 juin 2017 at 18 h 22 min
    : cross finger ! Tiens nous au courant !
  • Gaelle
    27 juin 2017 at 18 h 25 min
    Ok pas de problème ?
    J’ai bien aimé ton à propos j’adorerai discuter un peu plus avec toi ?
  • Gaelle
    29 juin 2017 at 1 h 36 min
    Je pense que cela peut intéresser du monde.
    Reponse reçue du laboratoire Pourquery

    “Suite à votre courriel, voici un extrait de la norme.

    La pince n’est pas incluse dans la mesure, tout comme la sucette qui doit être retirée pour la mesure.”

  • Marie P.
    3 juillet 2017 at 22 h 04 min
    Merci pour cet article qui va bien dans le sens de mes propres recherches… ?
    Je réalise des jeux textiles pour enfants et aime l’idée que chaque création soit unique… J’ai donc d’abord été complètement désespérée à la lecture de divers témoignages et face au coût que représentent les tests. Puis j’ai finalement été légèrement rassurée par un premier contact avec le Laboratoire Pourquery : il est possible d’éviter les tests chimiques (EN71-3) en choisissant des tissus OEKO TEX. Et puis, une vraie grosse réduction semble être proposée si l’on envoie un lot de jeux… Beaucoup d’obstacles, mais peut-être pas insurmontables…?
  • Mélanie JUNG
    4 juillet 2017 at 13 h 48 min
    tout à fait , il faut jouer avec le système et trouver toutes les solutions possibles <3
  • Juliette Bingisser
    14 juillet 2017 at 16 h 50 min
    Est ce qu’il faut une étiquette norme CE pour tout ce qui concerne les capes de bain, linge de bain, bavoirs etc ?
  • Mélanie JUNG
    14 juillet 2017 at 23 h 10 min
    Aucune idée il vaut mieux que tu vois ça avec la DIRRECTE ou la DGCCRF
  • braz
    19 septembre 2017 at 22 h 01 min
    bonjour merci pour toutes ces précisions par contre j aurais bien aimé en savoir plus pour les sacs pour enfants (les bandoulieres , les bretelles des cartables…..
  • Virginie
    23 septembre 2017 at 8 h 25 min
    Bonjour,
    Merci pour ce site. J’envisage sérieusement de me lancer dans la création textile et ce site est topissime !
    Je pensais, entre autre chose créer des plaids pour bébé en patchwork, mais du coup suite à cet article, je pense abandonner l’idée, étant donné que j’utilise exclusivement des tissus d’occasion et que les plaids seront des pièces uniques.
    C’est dommage bien sûr.
    Sais-tu où je peux m’informer concernant les normes en vigueur concernant les matières premières recyclées?
  • Marion
    18 octobre 2017 at 18 h 29 min
    Bonjour,

    Je me demandais en lisant si la directive n’est pas applicables qu’aux commerçants ? Les “artisans occasionnels”, en clair celles et ceux qui font des doudous à leurs heures perdues, devraient donc si j’ai bien compris eux-aussi faire des tests en laboratoire (avec cet inconvénient que chaque pièce étant unique car faite main, la résistance mécanique change d’une création à l’autre…) ?

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